Jukebox Forever – Patchwork !

by Les Petits Papiers d'Aya

Si je n’ai pas beaucoup écrit de nouvelles cette année, c’est entre autres pour me concentrer sur un projet très spécial qui est celui de l’écriture de la pièce de théâtre de mon gymnase ! Grand grand défi ! :)

L’écriture des textes en elle-même fut assez courte, en condensé elle aurait pu ne prendre qu’une semaine… C’est l’imaginer, la construire dans ma tête qui a été trèèèès long. Finalement, je lui ai donné le nom de Patchwork, parce que… eh bien, c’est ce que c’est. Des petits bouts de vie qui n’ont pas forcément des liens très clairs, et surtout des assemblages de conversations réelles, de réflexions écrites sur le bord d’une serviette ou des phrases attrapées dans la rue. C’est peut-être pour ça qu’on m’a dit plusieurs fois que le texte me ressemble beaucoup, même s’il est un peu différent de ce que j’écris habituellement.

Horaire original pour ce texte ! Plusieurs levers entre quatre et cinq heures du matin, et franchement, c’est très agréable d’écrire à ce moment de la journée. J’ai rendu mon texte à la troupe de théâtre et j’ai laissé Sandro s’occuper de la mise en scène et de tout le reste, sauf que j’ai pas pu résister à reprendre encore la pièce (le perfectionnisme me tuera), donc je posterai ici la version finale et non exactement celle qui a été jouée au théâtre.

La pièce, Jukebox Forever, a donné à ces textes une nouvelle dimension, et ça restera pour moi une expérience unique et très émouvante de voir mes mots prendre vie dans la bouche d’autres. La mise en scène également était magique…  Alors merci à tous, acteurs, Sandro, spectateurs, relecteurs, ou personnes aperçues qui m’ont inspirées sans le savoir.

Je vous laisse à mon texte !

Patchwork

3h57

quelqu’un de perdu

J’arrive plus à dormir.

J’ai un locked-in syndrome nocturne ; mon corps immobile subit seconde après seconde les délires d’un cerveau abîmé. Mes neurones dansent et mes jambes dorment. Je suis un insomniaque de l’esprit – un handicapé des pensées.

Et j’attends.

J’attends que ça passe.

J’attends de comprendre ce que je fous ici.

J’ai brisé un miroir, ce matin. J’ai oublié à quoi ressemble mon visage. Homme, femme, plante, j’en sais plus rien de ce que je suis. Je ne sais plus comment je m’appelle. Je crois que ça fait trop longtemps qu’on n’a pas murmuré mon prénom sur l’oreiller.

J’ai trop de vies qui défilent devant mes yeux. Je reconnais plus la mienne.

4h12

une fille avec un cache-oreilles

Si les gens sont des chansons, elle n’en sait rien.

Le drame, c’était un jour de lavande. Il flottait dans l’air une de ces odeurs de mandarine qui te donne envie de boire de la limonade sur la terrasse en parlant des écureuils en face. C’était une journée comme ça que c’était arrivé, parce que le drame s’en fout de la météo, et parce que tôt ou tard les écureuils oublieront où ils planquent leurs noix.

L’odeur de mandarine, c’était Maman. Partie chercher du cacao. Elle s’est penchée, elle a dit Je reviens toute suite, ma chérie, et puis elle est jamais revenue. Si Maman est une chanson, c’est un parolier qui s’est pas fait chier à trouver une fin.

Elle avait fui. Elle fouillait partout sans trop savoir ce qu’elle cherchait, elle attendait peut-être qu’il pleuve des nouvelles Maman, et à défaut de mère elle avait trouvé un cache-oreilles. Ce serait son filtre au monde.

Les gens sont comme des chansons, tu vois ? Et la vie, c’est un festival de musique géant. Y a de ces chansons, tu les entends la première fois, et tu sais déjà quelle note suivra. C’est comme si tu les connaissais déjà. T’as les chansons répétitives, c’est vite lassant. Les trop originales aussi, que t’arrives plus à suivre. Celles qui sont pas trop ton style, mais que t’aimes bien quand même. T’as les chansons que tu aimes tellement que tu les écoutes en boucle, et au final, tu les supportes plus. Les gens c’est pareil. Parfois ça devient oppressant, parce qu’il y a de la musique de partout et ça fait beaucoup de bruit, et t’aimerais juste trouver des boules Quies pour te couper de tout. Tu rêves d’un bouton mute. Couper le son. Ce serait plus supportable. Tu renonces aux chansons qui ont les paroles qui te parlent, t’as plus qu’un bourdonnement lointain, tu te sens tranquille. Pourtant quand tu rentres chez toi, t’es seul. C’est un silence complet. T’en es réduit à écouter ta propre mélodie, la plus entêtante de toutes, la plus insupportable, et là pas d’échappatoire possible. Tu peux pas arracher tes écouteurs. Forcé à entendre chaque note.

 Mais elle, si les gens sont des chansons, elle en sait rien, elle entend pas, avec son cache-oreilles.

Surtout, tu te poses pas de questions. Tu fonces. Tu les entends pas, tu les vois pas, elles existent pas. Il y a deux chansons qui s’avancent. C’est celles qui passent tout le temps à la radio du lycée en ce moment. La première, jambes interminables, chevelure l’Oréal : le son disco du moment lui casse les oreilles à disserter de la plastique d’un groupe d’ados mécheux issus d’un énième télé-crochet anglais. A côté, la chanson pop rit trop fort et trop mal – le genre de mélodie grinçante qui te reste dans la tête. Elle les entend pas, mais c’est toujours le même refrain.

D’abord, elles choisissent une cible. Elles sortent les griffes. Elles la testent. Et puis, elles la démantèlent.

Le Top des Charts 2014 repère sa proie.

Il paraît qu’il existe un profil type de victimes. Si tu fais défiler plusieurs personnes devant un psychopathe, il saura déterminer laquelle d’entre elles s’est déjà fait agresser. Une question de symétrie – les bras qui ne se balancent pas en même temps que les jambes, par exemple – et t’es fiché. Tu feras la parfaite victime du psychopathe : pas la personne la plus faible, celle qui est la plus intéressante à détruire.

Le son disco du moment la bouscule. Elle s’étale sur tous ses livres et perd son cache-oreilles dans la chute. Qu’est-ce que tu fais encore là ? Ramasse tes affaires et barre-toi. La chanson pop se retourne, elle hésite un instant. Tu viens, oui ou merde ? On va encore rater Bolet avec tes histoires. Elle marmonne un désolée, puis s’en va.

Y a des chansons que t’as meilleur temps de jamais entendre.

Un café. Ca fait toujours du bien un café, non ? Même pas besoin de communiquer. Elle regarde la machine avec empathie. C’est une nouvelle, elle a des parfums assez exotiques, tout le monde s’attroupe autour d’elle, mais personne la regarde vraiment. Tu m’étonnes qu’elle soit déjà tombée trois fois en panne.

Un garçon, plus grand qu’elle de deux bonnes têtes, rejoint la file juste devant elle. Son casque posé sur le haut de son crâne lui donne un air de champignon. Ne pas s’énerver. La personne lambda évite le conflit. Il suffit de lui faire remarquer sa faute. Ces gens qui dépassent, c’est n’importe quoi.

Pour l’occasion, elle a retiré ses cache-oreilles. Tu parles d’une révolution. Le champignon se retourne. T’as de la chance, si c’était pas toi j’aurais pas écouté. Faut te manifester un peu, te battre… Mais bon, comme t’es plutôt jolie… je fais une exception.  Lui, ce serait un rap américain, un flux de paroles dégainées à toute vitesse comme on mitraille.

Elle insère ses pièces dans la machine. Il lui manque dix centimes. Elle appuie sur le bouton qui doit lui rendre la monnaie, ça marche pas, elle part.

Une main posée sur son épaule, le garçon-champignon lui tend un gobelet fumant. Je crois qu’il est à toi. Enfin… Je voudrais bien te faire croire que je te l’ai offert mais j’ai payé que dix centimes alors… bonne journée. Le champignon s’en va, et elle sourit. Elle était définitivement pas fan de rap américain, mais elle adorait celui-ci. Peut-être qu’un jour…

Dans ses pensées fantasques, elle voit pas le champignon passer sa main autour de la taille de la chanson pop.

4h40

une fille avec des talons hauts

Ce qui l’énerve, c’est les fautes de goût.

Pas tant vestimentaires. Associer le bleu marine et le noir, porter des leggings sous son short, les accessoires cheap et les sacs imitation Gucci, évidemment que ça la rend dingue. Mais ça vaudra toujours mieux que les autres fautes de goût. Les petits Africains rachitiques qui sourient pour la caméra au lieu de bosser pour gagner leur pain. Ceux qui ont le culot de survivre seuls, comme s’ils t’envoyaient à la gueule J’ai pas besoin d’amis, pas besoin de toi. Les fleurs au cimetière qui sont pas assorties d’une tombe à l’autre. Les nuages qui sont pas foutus de faire des formes qui ressemblent à quelque chose.

Sur l’asphalte ses talons raisonnent, elle les enfonce dans le sol : à chaque pas elle écrase ses pensées. Qu’elle ne s’arrête pas, ou c’est elle qui va s’écrouler. A sa droite, sa meilleure amie. Ou son meilleur valet, c’est selon. Objectivement banale, quelconque, c’est un peu triste, mais à côté la plus gourde a l’air dégourdie. Au moins elle est gentille, elle te fait pas d’ombre. Elle est totalement inutile, plus encore qu’une femme qui attend que son vernis sèche.

L’écho de ses pas sur l’asphalte : à chaque pas elle écrase les autres.

Pourtant ils sont pas pire qu’elle. Moins beaux. Moins cons, aussi. Elle garde le menton haut comme si elle avait peur qu’il tombe, ou qu’il trempe dans la médiocrité de la populace. ça lui donne un air ignoble, elle appelle ça inaccessible. Son valet veut aider une fille à ramasser ses affaires, et quoi encore ? Si tu veux avancer faut regarder devant toi, t’as pas le temps de détourner les yeux. Tu peux t’occuper que de toi, alors elle finira seule, seule, comme elle est née seule, elle a grandi seule, elle s’est construite seule.

L’amour qui dure, elle y croit plus.

C’est peut-être à cause de ses parents divorcés, à cause des ses grands-parents divorcés, de son oncle divorcé, ou alors de sa rupture avec Bolet. Elle sait que si ça a pas duré avec Bolet, ça durera avec personne. Bolet, une dégaine de champignon, la peau imprégnée d’une odeur de clopes, plus d’amis Facebook que de mots dans son vocabulaire, bref, le prince charmant de tous les contes de fée. C’est pour ça qu’elle essaie de le reconquérir d’ailleurs. Apparemment, on a dépassé l’époque où tu pouvais te la couler douce dans ton donjon en attendant ton prince – John Smith, Charmant ou Mario. Maintenant c’est princesse se retrousse les manches pour forcer un mec pas trop laid à l’accepter.

L’amour dure trois ans, après c’est fini. Elle le sait il y a même un livre qui s’appelle comme ça. Les couples qui durent plus, soit ils mentent aux autres, soit ils se mentent à eux-mêmes. Ou alors ils ont un secret. Ils s’achètent de l’amour en boîte de conserve.

Dans le bus c’est une pelote de gens qui s’emmêlent. L’odeur de transpiration est insupportable, mais c’est ça ou marcher dix minutes en descente. Alors autant être coincée entre la crasse des gens. C’est un peu embêtant pour ton brushing, mais bon.

Le tetris humain est silencieux. Chacun pense à comme il est débordé, se prépare un programme studieux. Rentrés chez eux ils s’installent devant la télé. Pour se donner bonne conscience, ils regardent l’écran télévisé plutôt que celui de leur portable quand défilent les visages des petits Africains tout maigres et tout souriants.

5h02

une fille avec des cheveux roux

Les masques, c’est banal. Y a pas besoin de répéter que tout le monde en porte, qu’il y a des faux partout. Ne montrez pas votre vrai visage s’il vous plaît. C’est vulgaire.

Comment ça parle quelqu’un d’heureux ? C’est un peu vide, y a des mots sans profondeur. ça te prend pas aux tripes. ça devrait être un masque tout léger, celui du bonheur. Alors pourquoi on n’arrive plus à respirer ? Pourquoi on s’étouffe quand on rit ?

Elle comprend pas trop comment on peut avoir le culot d’aller mal. Comment on peut s’y morfondre, s’acharner autant à être triste. Elle trouve ça pathétique. Une sorte de koh-lanta de la dépression. Je suis seule sur une île déserte, perdue au milieu d’un océan de douleur. Et j’ai même pas pensé à prendre mon iPhone. Pas de musique, pas de Candy Crush, rien. La conne. Mais comment elle peut comprendre quand son plus grand drame c’est la brique de lait vide dans le frigo ?

Elle a trop rêvé peut-être. Là où tout est possible mais rien n’est réalisable, mieux vaut garder ses idées bien au chaud dans son placard cérébral. Les grandes révolutions, les Mai 68, les idées à changer le monde, ça a l’air révolu. Tu préfères te convaincre que t’as tout rangé en écartant la pensée de la jungle qui sommeille dans tes tiroirs. Elle se voile la face dans les apparences bien lisses, les expressions polies qui envoient chier ses rêves à coup de réalité.

Pourquoi quand on est heureux on a pas le Monstre qui crie en nous ?

Rien ne va plus : tout va bien. ça paraît superficiel comme problème et pourtant quand on apprend à vivre entouré de son coton noir de tristesse, ce cocon qui nous sépare du monde, on finit par s’y sentir… bien.

Elle a toujours été fascinée par ces artistes torturés, par l’oreille de van Gogh. Elle a bu les paroles des timbrés qui prétendent que pour créer, il faut être fou, guidé par un Monstre, réveillé par les petits coups de catin de la vie. Elle, elle a toujours rêvé de son grand drame, elle envie ceux qui y ont survécu. Orphelin, divorcé, handicapé physique, mental, pas capable d’aligner deux mots sans crever de peur : leurs cœurs en petits morceaux tiennent avec du scotch. T’en perds des petits bouts après ça. C’est parce que les miettes elles passent à travers le scotch. Et c’est pour ça qu’elle aimerait aller mal : parfois, quand les petites miettes du cœur s’échappent, elles deviennent des graines, et il en pousse des choses. Des leçons de vie, des blessures, des œuvres d’art. Tristes parfois, mais toujours belles. T’en viens à adorer le Monstre qui hurle en toi.

Alors elle aimerait bien goûter à la déchirure de la tristesse. Le bonheur c’est chiant.

Pourquoi je suis ta meilleure amie ? C’est le genre de questions où t’as pas de bonne réponse, mais que tu poses quand t’as rien à dire. T’es toujours là quand j’ai besoin de toi. Oui, quand on y pense, si on pose une plante verte à un endroit on a relativement peu de chance de la voir gambader dans son appartement le jour d’après. Elle sera toujours là pour nous. Quelle fidélité. Tout le monde devrait s’acheter une fougère.

Tu vois ce moment où tout est calme, silencieux… et soudainement t’entends le tic-tac de l’horloge, qui pourtant était là depuis le début. Parfois elle est le tic-tac de cette horloge, et ces amis pour lesquels elle est toujours là ne l’entendent que quand il n’y a aucun autre son dans leur vie. Elle était là – elle est jamais partie.

5h33

un mec invisible

Ça fait longtemps qu’il voit la vie comme une scène. Il y a les grands acteurs, dans la lumière; ceux qui restent dans les coulisses; et puis il y a les gens comme lui: les spectateurs. Figurant dans sa propre existence. Oh c’est sûr t’es pas ébloui par l’éclat des spots. Mais t’as à peu près autant d’utilité qu’un canard laqué dans un restau végétarien.

Il y a un réservoir à compliments dans sa poche. Le problème c’est qu’ils sont mauvais. Question de goût peut-être.

Parfois il pioche un compliment, il le prépare mentalement. Il en coupe les coins, il le lisse, il le polit et quand c’est tout gentil, tout inoffensif, il se prépare à le donner. Il le retourne dans sa tête, le compliment court sur sa langue, ça chatouille un peu. Il arrive tout en haut, il se glisse entre ses dents, ouvre sa bouche. Il est joli ton collier. On dirait… on dirait un phare de train. C’est comme ça qu’il reste le mec invisible. L’éternel observateur, l’ombre des ombres.

Il est toujours surpris par la fausseté du jeu de certains acteurs. Les rires trop forts, les sourires trop faux, les sanglots trop violents. Il s’imagine à quoi ils ressemblent quand tombe le rideau. Pas avec n’importe qui, ce serait trop simple.

Par exemple il voit souvent deux filles ensemble. L’une, grande, élancée, porte sur les autres un regard hautain qui voile à peine le manque égocentrique d’estime qu’elle a pour elle-même. Typiquement le genre à se persuader de sa profondeur d’esprit en essayant de s’ouvrir les veines avec le dos d’une cuillère, parce que personne la comprend, personne la connaît et quand elle dit que ça va bien, bah ça va pas.

L’autre fille, minuscule, fait remuer son impressionnante chevelure rousse quand elle éclate de rire. Dans les loges elle doit beaucoup pleurer pour l’autre Grande-Elancée-Hautaine de qui elle est amoureuse en secret. Ça il l’a repéré par des détails simples; elle se recoiffe trop souvent, ses pupilles sont trop dilatées… Évidemment elle le cache, et probablement qu’à ses yeux devoir garder un grand secret comme celui-ci la rend extrêmement complexe.

Non, celle qui l’intéresse vraiment, c’est la fille au cache-oreilles. Il est intrigué parce qu’il est même pas sûr qu’elle ait quoi que ce soit à cacher. Il adore la regarder lire. Elle rit et fait la moue seule face à son livre, totalement inconsciente de ce qui l’entoure. Un jour, il ira lui parler.

Il observe l’exemple-même de ce qui le répugne: au centre de l’atrium gesticule un ado au physique de langouste. Au lycée il y a une règle implicite: ne pas se tenir debout au centre de l’atrium. Si tu la respectes pas c’est que, petit a: tu t’en fiches totalement du regard des autres, ou petit b: tu cherches absolument le regard des autres. La crevette porte sur la tête un casque ridiculement grand qui le fait ressembler à un croisement entre un mollusque et un champignon. Il paraît qu’on l’appelle Bolet, d’ailleurs, à cause du casque. Il se rapproche plus de l’amanite. Attirant et dangereux. Il s’attaque aux innocents. Aux filles comme celle au cache-oreilles. Il doit y avoir un gyrophare au paradis. Une cible criarde avec récompense élevée pour les chasseurs doués ancrée dans le cœur des anges, elle clignote, elle t’appelle : oh oui, détruis-moi, ça donnera un sens à ta vie.

Cette fois c’est décidé, il va parler à la fille au cache-oreilles.

C’est l’occasion rêvée, elle est de trois-quarts dos, seule, le regard perdu dans le vide. Il plonge la main dans sa poche pour en retirer un compliment et du courage. J’aime beaucoup ton cache-oreilles. On dirait des bébés hamsters, mais morts… Parce qu’ils bougent pas.

Rien. Le silence total. Non seulement elle ne répond pas, mais en plus son regard tendre s’est posé sur Bolet-Amanite. Il réfléchit à ce qu’il a fait faux. Si ça se trouve, elle est allergique aux hamsters.

L’amour rend con. Et triste, aussi.

© Aya

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