Échec et Mat

by Les Petits Papiers d'Aya

Bon, pour changer, un texte extrêmement joyeux. Je l’ai écrit il y a quelques semaines, d’une traite, sans trop réfléchir. Certaines phrases sont vraiment brutes, incomplètes et surtout imparfaites. Mais en ce moment, j’aime beaucoup cette spontanéité de l’écriture. Oui ce que mon esprit sort spontanément est glauque, oui mes pensées sont laides, et finalement les écrire, c’est jamais que s’en libérer…

Pour ce qui est du langage un peu cru… il y a des mots qui sont tranchants, et je crois pas que c’est les plus vulgaires.

Assez de se justifier.

Échec et Mat

Tu parles comme si la vie te faisait chier. Et peut-être que c’est le cas. Qu’en crevant, ce sera juste la fin de ton ennui. Tu me touches comme si je t’avais brûlé. T’as des plaies partout sur la peau, t’as les lèvres qui en saignent de m’embrasser. Je te détesterai toujours pour ça tu sais. De jamais m’en vouloir quand je te frappe. De m’aimer encore si je te tue. T’es qu’une chienne. T’es comme eux partout là-bas. Ici plus loin tu m’en voudras pas si j’enfonce le couteau plus fort dans ta chair, ça te chatouille comme on t’arrache les organes, oh oui encore, continue mon amour. Je t’en ai voulu moi. Je t’avais rien demandé. Tu viens avec tes grandes phrases, tes déclarations de roman, je devrais faire quoi ? Te sauter dessus, t’accueillir à bras ouverts ?  Remercier le ciel d’avoir trouvé une femme aussi aimante ? M’enorgueillir de ce que tu aimes jusqu’à mes défauts les plus dégueulasses, mes cicatrices immondes ? J’ai pas cherché à ce qu’on m’aime. J’ai pas rampé pour ton affection, j’en ai rien à foutre. Rien à foutre de te voir te traîner devant moi. Mais tu salis le parquet.

Tu m’arraches le cœur, tu le caresses. Tu me dis comme tu l’aimes. Tu l’embrasses. Tu le serres, il enfle, il va exploser, je le sens. Y a une grosse boule dans ma gorge. Comment on respire ? Pourquoi on respire ? Tu relâches la pression. L’air dans mes poumons. Du sang dégouline de mon organe, tu le tiens si près. C’est poisseux. Tu me le jettes à la figure. Le ramasse. Me le fais bouffer. J’ai mon cœur dans ma bouche. Dis-moi que tu m’aimes. Je mords dans ma chair. Dis-le, salope. Le muscle sous mes dents est mou. Je le recrache. Tu as besoin de moi. Je hurle. Tu ris. Mes yeux révulsés te reflètent l’écarlate du sang que j’ai perdu. Au secours. Aidez-moi. Tu as oublié le mot magique, ma chérie. Mes ongles dans ton cou s’enfoncent. Ca griffe ton épiderme et tu gémis. T’aimes ça. Aide-moi. Supplie-moi. Tu appuies sur mes épaules. Je résiste. J’ai encore le goût de mon cœur sur la lèvre. Tu balaies mes jambes, je suis à genoux, je suis à tes pieds. Je suis ton esclave, ta pute, ta chienne. Je pleure. T’as assez joué maintenant ? L’impact de ta main sur ma joue m’étourdit. Ton poing dans ma mâchoire, un liquide rouge dans ma bouche. Mes yeux seront enflés demain. C’est moi qui décide quand ça s’arrête. Ton bras s’enfonce dans ma poitrine. Tu profites. Tu me tords un peu. Tu casses des côtes sur ton passage. Mon cœur remis en place tousse. On dit quoi ? Merci. Merci qui ? Merci mon amour. Je me relève. Je tiens debout. Tu es des yeux sombres. Je reçois un coup de pied dans le bas-ventre. Je m’échoue au sol. Je bouge plus. Traînée. Tes pas s’évanouissent j’en pleure. J’embrasse mon corps que tu as frappé. J’aime les marques que tu y laisses. Demain je reviendrai.

Papier du 5.01.2014
© Aya.

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